Le programme

L’objectif global de ce programme est d’améliorer et promouvoir la participation des femmes afghanes à la vie politique et leur donner l’occasion de communiquer directement avec le public français sur la situation en Afghanistan dix ans après le lancement du processus démocratique.

Pendant une semaine en France à la fin du mois de mars 2011, dix femmes nouvellement élues au Parlement afghan vont:
– assister à un séminaire de négociation et leadership enseigné en persan qui sera notamment l’occasion de créer un réseau de coopération entre elles,

– échanger avec le public français grâce à deux événements majeurs,

– rencontrer leurs homologues au Parlement français,

– rencontrer les médias français et étrangers grâce à des interviews et à une conférence de presse.

Contexte

La reconstruction de la société afghane est une priorité forte en Afghanistan et les femmes ont un rôle important à jouer dans les structures administratives et politiques de l’État. Il est essentiel de renforcer leurs capacités et de créer une plus grande cohésion entre elles. Une relation de travail plus efficace renforcera leur capacité à remplir leur mandat et à contribuer à une société plus pacifique et plus démocratique en Afghanistan.

L’équipe responsable de ce programme a travaillé avec Howard Wolpe (ancien conseiller spécial du Département d’Etat américain pour la région des Grands Lacs) et Steve McDonald, directeur du programme Afrique du Woodrow Wilson International Center for Scholars (WWICS), qui ont lancé en partenariat avec ESSEC IRENE (Institut de Recherche et d’Enseignement sur la Négociation) un programme de formation au leadership dans les pays qui ont été ou sont encore déchirés par la guerre, et ce, principalement au Burundi, au Libéria et en République Démocratique du Congo. Afin de préparer les femmes leaders afghanes, un programme en persan a donc été conçu et mis en œuvre inspiré par cette initiative du WWICS et adapté au contexte afghan en ciblant pour commencer les femmes élues à la première chambre du Parlement Afghan (Wolesi Jirga). 

Depuis l’adoption de la nouvelle constitution afghane en janvier 2004, la situation des femmes est en voie d’amélioration en Afghanistan. La nouvelle constitution indique que «les citoyens de l’Afghanistan – homme ou femme – ont des droits et des devoirs égaux devant la loi». Bien que ce soit une avancée significative pour les femmes afghanes, elles restent largement absentes dans la vie publique. Notre programme vise à relever ce défi. L’objectif de ce programme est d’améliorer et de promouvoir la participation politique des femmes afghanes. Le programme est également conçu pour créer une cohésion et une coopération entre les femmes leaders et à les aider à développer un réseau de collaboration.

Afin d’évaluer la faisabilité et la pertinence de ce programme plus vaste qui serait organisé à Kaboul, des voyages préparatoires ont été menés en Afghanistan entre 2009 et 2011 avec Françoise Hostalier, ancien ministre français, actuellement élue au Parlement français et vice-présidente de la Commission d’Amitié France-Afghanistan à l’Assemblée Nationale. Grâce à un certain nombre d’entretiens avec des parlementaires, des responsables gouvernementaux, des organisations internationales et des acteurs de la société civile, un accueil chaleureux a été reçu à ce programme. Une lettre écrite en persan par Mme Hostalier qui présente le projet a été envoyée à des femmes parlementaires afghanes dont un certain nombre a répondu positivement. Ces réunions à Kaboul ont confirmé que bon nombre de femmes élues au Parlement sont le sentiment de ne pas être en mesure d’avoir un impact efficace et de mener à bien le mandat qu’elles ont reçu.

Grâce à l’appui de Melanne Verveer, ambassadeur spéciale auprès de Mme Clinton, chargée des problèmes rencontrés par les femmes dans le monde, le programme a trouvé un écho favorable auprès de l’ambassade des Etats-Unis en France. Il nous a été demandé de proposer un programme pilote d’une semaine en France pour 10 femmes nouvellement élues au parlement afghan, qui leur donnera également l’occasion de partager leur vision de la situation dans leur pays avec le public français et les médias internationaux. Ce programme d’une semaine a donc été conçu pour être le premier pas vers une initiative plus large qui serait étendue à toutes les femmes parlementaires (69 élues actuellement à la première chambre du parlement).